
La série « congolais débrouillards » connaît un grand succès ! Pour les roulages, plus de 200 commentaires et plus de 1600 clics en 4 jours, c’est un record ! À l’honneur aujourd’hui, les enfants businessmans. J’ai toujours dit que les congolais étaient les plus débrouillards du monde mais aujourd’hui j’ajoute : aux âmes congolaises, la débrouillardise n’attend pas le nombre des années.
Des enfants commerçants j’en croise tous les jours et il y en a de plus en plus. Il y a quelques jours alors que j’étais sur le campus de l’université de Kinshasa pour un reportage dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion de discuter avec deux de ces jeunes businessmans qui ont bien voulu partager avec moi les contours de leur business.
Ces petits ont vraiment le sens des affaires. Ils étaient d’accord pour répondre à mes questions mais je devais par contre payer avant de faire la photo.
Encore enfants mais obligés de se débrouiller
Ils ont 13 et 14 ans. Ces deux enfants errent tous les jours sur le campus de l’UNIKIN pour essayer d’écouler leur stock essentiellement constitué de stylos, papiers et biscuits. L’école, ça fait longtemps qu’ils n’y ont pas été et l’université, difficile pour eux d’espérer ou même de rêver d’y mettre un jour les pieds comme étudiants.
Dégradation des conditions de vie, maigres salaires pour leurs parents, grèves prolongées des enseignants, ces enfants n’ont pas d’autre choix que de se débrouiller. Il en ont pour au moins 1500 francs de marchandise dans leurs cartons et ils m’ont confié qu’ils s’en sortaient avec en moyenne 400 à 500 francs congolais de bénéfice par jour. Moins d’un dollar américain, pas grand-chose par rapport au coût de la vie à Kinshasa.
Il est permis de rêver
Quand on est enfant, on a des rêves. Quand j’avais 13 ans, je rêvais d’avoir la console de jeu dernier cri mais pour ces enfants, des rêves différents. « Plus tard je veux aller en Europe, travailler, gagner beaucoup d’argent pour venir en aide à ma famille », m’a répondu un des garçons lorsque je lui ai posé la question de savoir ce qu’il comptait faire plus tard.
En voilà deux qu’on va peut être retrouver à essayer de traverser l’océan à la nage pour atteindre le paradis européen !
La jeunesse c’est l’avenir ?
L’avenir du Congo doit-il reposer sur cette jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus débrouillarde ?





















