
Plus d’une année après l’assassinat de mon ami Serge Maheshe, journaliste de radio Okapi, j’apprends que l’un des présumés assassins se serait évadé de la prison de Bukavu. Il aurait profité d’une messe organisée par des églises locales ». J’ai du mal à décrire ce que je ressens en ce moment. Déception, colère, rage, j’ai du mal à y croire.
Pour rappel, Serge Maheshe a été attaqué par deux hommes armés, au soir du 13 juin 2007, alors qu’avec un ami, Serge Muhima, ils revenaient de chez Alain Mulimbi où se tenait une rencontre sur les préparatifs du mariage de ce dernier. C’est au moment où Muhima et Maheshe s’apprêtaient à monter dans un véhicule des Nations Unies que deux hommes armés se sont approchés d’eux et leur ont donné l’ordre de s’asseoir par terre. Alors Serge Maheshe essayait d’appeler les services de la sécurité des Nations Unies, l’un des deux hommes a ouvert le feu sur lui, le blessant à la cuisse. Deux coups de feu s’en sont suivis pour l’achever, et ce malgré les supplications adressées à ses assaillants pour que sa vie soit épargnée. Serge Maheshe était marié et père de deux enfants.
Je constate amèrement que la justice, pilier de l’autorité de l’État qui est le fondement même de la démocratie ne fonctionne pas au Congo. Quand aurons-nous, et qui rétablira une justice efficace et indépendante dans ce pays?
Attendons-nous que les chinois que nous considérons maintenant comme sauveurs jettent un regard sur le secteur de la justice avec leurs milliards et leurs bulldozers…
J’ai maintenant la preuve qu’un flou est entretenu volontairement autour des vraies causes ayant conduit à l’assassinat du jeune journaliste. Après un procès ressemblant beaucoup plus à une pièce de théâtre, un des présumés assassins qui disparaît comme par enchantement de la prison.
Personne ne saura donc qui cela arrangeait que Serge Maheshe ne vive plus…
Que ton âme repose en paix mon ami. Ceux qui ont décidé de mettre fin à tes jours ne resteront pas éternellement sur cette terre et paieront d’une manière ou d’une autre pour ce crime.























